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La douleur

Selon la médecine traditionnelle chinoise, la douleur correspond le plus souvent à une stagnation du Qi et du Sang : « là où ça ne circule plus, la douleur apparaît ». L’acupuncture vise à rétablir cette circulation, lever les blocages et harmoniser les fonctions des systèmes énergétiques.

Selon le type de déséquilibre, elle peut disperser un excès (stagnation, inflammation, douleur aiguë ou traumatique), ou tonifier un vide (insuffisance énergétique, faiblesse tissulaire, douleur chronique).


Cette régulation permet une diminution progressive de la douleur et une amélioration de la fonction.


L’acupuncture est utilisée dans la prise en charge de la douleur en combinant les modèles traditionnels et les données de la neurophysiologie moderne. L’insertion d’aiguilles sur des points spécifiques stimule des fibres nerveuses périphériques (A-delta et C), transmettant l’information vers la moelle épinière et le système nerveux central. Cette stimulation active des mécanismes de modulation de la douleur au niveau spinal, notamment par l’inhibition des signaux nociceptifs dans la corne dorsale.


Au niveau central, l’acupuncture active des structures impliquées dans le contrôle de la douleur (tronc cérébral, thalamus, cortex) et induit la libération de neurotransmetteurs et neuromodulateurs tels que les endorphines, enképhalines, sérotonine et noradrénaline, contribuant à l’analgésie. L’imagerie cérébrale montre également des modifications des réseaux de perception et de régulation de la douleur.


Elle agit aussi sur le système nerveux autonome en réduisant l’hyperactivité sympathique et en améliorant la variabilité de la fréquence cardiaque, ce qui influence directement la perception douloureuse. Des effets anti-inflammatoires sont également observés via la modulation de cytokines et de médiateurs inflammatoires.


Globalement, l’acupuncture agit par une combinaison de mécanismes neurophysiologiques, biochimiques et contextuels, et s’intègre comme approche complémentaire dans une prise en charge multidisciplinaire de la douleur.


Données cliniques et efficacité

Sur le plan clinique, de nombreuses études montrent une efficacité modérée mais significative de l’acupuncture dans certaines douleurs chroniques, avec un effet supérieur aux soins habituels et à la simulation dans plusieurs essais contrôlés. L’effet reste variable selon les patients, les protocoles et les contextes thérapeutiques.


Des organisations comme le NICE (Royaume-Uni) et l’OMS (WHO) reconnaissent l’acupuncture comme option thérapeutique dans certaines indications de douleur chronique.


Exemples cliniques avec données probantes

Les indications où les preuves sont les plus solides incluent :

  • Lombalgie chronique : amélioration significative de la douleur et de la fonction

  • Céphalées de tension et migraines : réduction de la fréquence et de l’intensité

  • Arthrose du genou : amélioration de la douleur et de la mobilité

  • Douleurs post-traumatiques (chutes, accidents) : amélioration de la douleur persistante et de la récupération fonctionnelle

  • Névralgie post-zostérienne (zona) : réduction de la douleur neuropathique

  • Douleurs neuropathiques (dont douleurs fantômes) : résultats variables mais bénéfices rapportés

  • Sciatique et radiculopathies lombaires : amélioration modérée de la douleur et de la qualité de vie

Dans ces contextes, l’effet est généralement plus marqué sur la douleur chronique que sur la douleur aiguë isolée, et dépend de la durée de l’affection et du profil du patient.


Références scientifiques principales

Méta-analyses majeures

  • Vickers AJ et al. (2012). Acupuncture for chronic pain: individual patient data meta-analysis. Archives of Internal Medicine

  • Vickers AJ et al. (2018). Acupuncture for chronic pain: update of an individual patient data meta-analysis. The Journal of Pain

  • Vickers AJ et al. (2022). Acupuncture for chronic pain: updated systematic review. The Journal of Pain

Mécanismes neurophysiologiques

  • Han JS. (2004). Acupuncture and endorphins. Neuroscience Letters

  • Zhao ZQ. (2008). Neural mechanism underlying acupuncture analgesia. Progress in Neurobiology

  • Langevin HM & Wayne PM. (2018). What is the point? The problem with acupuncture research. Journal of Alternative and Complementary Medicine

Recommandations cliniques

  • NICE Guidelines (UK) (2021). Chronic pain (primary and secondary) in over 16s

  • World Health Organization (WHO) (2002). Acupuncture: review and analysis of reports on controlled clinical trials

  • Indications spécifiques

  • Sun Y et al. (2010). Acupuncture for postherpetic neuralgia (zona). Pain Medicine

  • Kim KH et al. (2016). Acupuncture for osteoarthritis of the knee. Cochrane Database of Systematic Reviews

  • Li Y et al. (2017). Acupuncture for migraine prophylaxis. Cochrane Review

  • Wang SM et al. (2018). Acupuncture for neuropathic pain. Current Pain and Headache Reports

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